
GR20, un trek aérien et engagé
Minéral et technique au nord, long et végétal au sud
Le GR20 est souvent désigné comme « le sentier de grande randonnée le plus difficile d'Europe ». Créé dans les années 1970 après la naissance du Parc naturel régional de Corse, il suit la ligne de crête qui traverse l'île du nord au sud et épouse largement la ligne de partage des eaux. Contrairement à la plupart des sentiers de randonnée, il ne s'appuie pas sur un réseau ancien de chemins mais a été conçu pour traverser les montagnes les plus sauvages de Corse. Il en résulte un itinéraire très minéral, souvent escarpé, parfois vertigineux, où les balises sont parfois plus visibles que le chemin lui-même. Associés à des refuges rustiques et à une quinzaine de jours d'effort, ces passages techniques expliquent la réputation de ce parcours qu'il serait imprudent de sous-estimer.

Partir léger pour tenir la distance
Sur le GR20, entre sa durée et sa difficulté, chaque kilo compte.
Nourriture
Après coup, il me semble contre-productif de porter des provisions pour plusieurs jours. Je vous conseille donc de prendre uniquement des barres énergétiques et/ou fruits secs. En effet :
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Si les dîner servis dans les gîtes sont souvent simples, ils sont copieux.
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Pour le déjeuner, vous pouvez vous contentez d'acheter la veille un ou deux produits à l’épicerie du refuge car avec l’effort et la chaleur, votre appétit restera probablement modéré.
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Pour le petit-déjeuner, je vous conseille d'acheter tous les deux/trois jours un sachet de canistrelli au refuge et d'apporter votre thé ou café lyophilisé. L' eau et les réchauds disponibles sur place vous permettent de bénéficier d'une solution efficace et économique.
Hébergement
Si je ne l'ai pas fait, je recommande fortement d'opter pour la location de tente dans les refuges. Avec moins de risques liés aux punaises de lit, vous économiserez 2 kgs (entre tente et matelas) et gagnerez du temps en évitant montage et démontage.
Vêtements
Je conseille de faire chaque jour sa lessive en arrivant au refuge. Se faisant, vous n'avez besoin de prendre que 2 sous-vêtements, 2 paires de chaussettes, 2 t-shirts, 2 shorts, 1 polaire et 1 veste imperméable.
Poids total du sac
Avec 2 à 3 litres d’eau (indispensables surtout les premiers jours) et en suivant les conseils ci-dessus vus devriez viser un poids total de 6-8 kgs pour une femme er 8-10 kgs pour un homme. Au-delà, je pense que l’accumulation de fatigue devient pénalisante.
Partir tôt : un avantage stratégique
Je recommande de partir dès les premières lueurs de l'aube pour :
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bénéficier d'une lumière exceptionnelle pour les photos
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monter à la fraîche (en été : supportable jusqu’à 8h30, difficile après 11h)
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se garantir une marge de sécurité en cas d’incident
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arriver tôt au refuge afin d'avoir le temps pour : douche, lessive, étirements, récupération
Ne pas doubler les étapes
Si vous suivez mon conseil de partir tôt, en arrivant vers 13h au refuge, vous risquez de vouloir enchainer. Sauf si vous êtes en très grande forme (par exemple un trailer), je déconseille très fortement de doubler les étapes notamment pour celles 2,3 et 4 en partant du nord et la brêche de Capitello qui sont particulièrement techniques.
En doublant, vous risquez :
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un risque d’épuisement prématuré synonyme de blessure et/ou d'abandon
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une accumulation de fatigue invisible qui risque sur la longueur de vous pénaliser
Par ailleurs, les 4 étapes listées ci-dessus étant exposées et avec des dalles lisses, je déconseille très très fortement de les emprunter en cas de pluie.
Sud → Nord plutôt que Nord→Sud
Je recommande le sens inverse à celui prescrit, soit d'aller du sud (Conca) au nord (Calenzana) car :
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il est moins fréquenté ce qui en vous levant tôt vous permettra de croiser moins de monde
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vous avez le soleil dans le dos ce qui est plus agréable et rend les photos plus faciles à prendre
- les sections les plus techniques au Nord vous paraitront moins intimidantes
Attention cependant, contrairement aux idées reçues, je n'ai pas trouvé la partie sud plus facile. Elle est indéniablement moins dangereuse techniquement avec l'absence de parties exposées mais les étapes sont plus longues. L’impression de facilité vient surtout du contraste avec les redoutables étapes 2, 3 et 4 du nord.
Équipement : mes choix après coup
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Bâtons : indispensables pour préserver ses genoux et surtout dans le cadre du GR20 augmenter son nombre d'appuis sur des terrains difficiles
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Gants de via ferrata : protègent des ampoules et facilitent les passages rocheux
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Chaussures basses de type approche : plus adaptées aux phases d’escalade que des chaussures montantes rigides
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Briquet : pour utiliser les réchauds mis à disposition
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Livre ou liseuse : les après-midi sont longues
Orientation et sécurité
Le GR20 étant extrêmement bien balisé puisqu'il ne suit pas de sentier à proprement parler (mais la ligne de partage des eaux), vous avez peu de risque de vous perdre. Le réseau téléphonique étant très peu existant, si vous souhaitez assurer vos arrières, cela implique de télécharger à l'avance la carte du parcours sur votre téléphone. Par ailleurs, le parcours étant engagé, je vous recommande fortement de ne pas faire comme moi et de partir à plusieurs. Pour ceux qui malgré tout l'envisageraient ou souhaiteraient rester en contact avec leurs proches, je conseille d'investir dans un appareil de communication de type In Reach.